Couplicités
Ce livre intitulé COUPLICITÉS a été composé pour l’exposition « COUPLES » organisée par ARTMANDAT en 2015, événement labellisé par le réseau d’artistes « c’est bien parti »
Lors de mes pérégrinations photographiques de 2007 à 2012, j’avais pris des centaines de photographies au format carré, en diagonale. Ce travail avait donné naissance à un diaporama pour l’exposition « Vous avez dit art… » à la galerie des Musées, à Toulon, en 2012. Le thème que j’avais voulu développer à travers ce diaporama était celui de la perception visuelle : comment regarder ces photographies penchées à 45° ? Sont-elles figuratives ou abstraites ? où se trouve la limite entre le réel et l’imaginaire, entre le non visible, non connu et le reconnu, entre le souvenir et le présent, etc… et le spectateur avait pu toucher du regard la porosité entre ces divers mondes et apprécier la capacité de son cerveau à interpréter et projeter. Les transitions d’une image à l’autre était déjà choisie pour le passage d’une idée à l’autre ou d’une forme à l’autre, mais elles étaient fugaces et on ne pouvait pas parler de couple.
Aujourd’hui, avec une sélection plus restreinte de ces mêmes photographies, je désire aller ailleurs dans la réflexion en les mariant deux par deux et en formant 35 diptyques, 35 couples visuels.
Ce ne sont pas deux images prises et assemblées au hasard, pour donner un couple hasardeux, non, ce sont deux images prises parmi les centaines, choisies pour leur affinité sélective naturelle de par leur contenu (le sujet représenté, et/ou l’allégorie, la signification, la forme, la couleur, etc. ) (ou, plus rarement leur contradiction sur un de ces points). Ces mariages sont pour la plupart heureux et tous apportent un plus, une histoire qui s’inscrit dans une signification et une vision nouvelles ou amplifiées. Un plus un égale un. Et si un plus un égale deux, alors c’est la guerre. Voilà l
Au fait c’est quoi un couple ? une union de deux personnes qui s’attirent et s’allient par affinité élective et choix mutuel, un ensemble de deux choses de même nature, ou encore un groupe de deux forces égales de sens contraire qui s’annulent ? Ou encore une union de deux personnes qui, par leurs caractères communs s’entendent, par leurs différences se complètent, jusqu’à former un tout unique, renforcé, et tout autre que la somme des deux individualités ?
Ici, deux images qui peuvent trouver des points communs par leur forme, ou leur couleur, le lieu ou le contexte, et des différences par leur sens ou même des oppositions par leur sens, s’allient par affinités électives et racontent une toute autre histoire, ou donnent au spectateur l’occasion d’une interprétation personnelle.
DEFINITION : affinités électives – culturelles – religieuses, intellectuelles, politiques ou économiques – entrent, à partir de certaines analogies significatives, parentés intimes ou affinités de sens, dans un rapport d’attraction et d’ influences réciproques, de choix mutuel, et de convergence active et de renforcement mutuel.
Par leur titre même, Les affinités électives de GOETHE renvoient à la doctrine chimique des rapports entre différents corps qui, à partir des travaux d’Etienne-François Geoffroy en 1718, s’impose comme théorie dominante dans la chimie du XVIIIe siècle. Goethe ne se contente pas d’une simple analogie entre les attirances amoureuses qui font et défont les couples et les opérations chimiques qui règlent les liaisons et les précipitations des substances chimiques. Son excellente connaissance de la tradition chimique et alchimique le conduit à considérer l’affinité comme une loi de la nature produisant aussi bien ses effets en chimie que chez les êtres vivants et dans le psychisme.






































