Vanités, Cuges les Pins, Var 2015

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« VANITÉS »

Par Marie-Françoise Lequoy, 2015
On n’y peut rien, nous sommes encore mortels. Les vanités sont là pour nous le rappeler et nous remettre devant la réalité de notre destinée : la montre, le sablier, les fleurs, la bougie qui se consume sont là pour nous dire que le temps passe inéluctablement ; les livres, les instruments de musique, les tissus ou les coquillages nous rappellent que notre perception à travers nos cinq sens et notre intelligence n’est qu’illusion, miroir ; les pièces d’or ou les bijoux nous disent que toute richesse temporelle est sans avenir, la mappemonde, l’astrolabe, les armes, que la puissance ou la gloire passeront avec nous, et enfin les masques, les têtes de mort, les squelettes narguent notre condition humaine qui nous conduit directement à l’état de poussière. Toute notre vie ne serait-elle que vanité et vaine illusion  (Vanitas vanitatum) ? Peut- être, puisque nous ne savons toujours rien sur l’après. Et pourtant, ces tableaux peuvent, aussi et paradoxalement, nous suggérer que, puisque notre vie est éphémère, nous devons profiter au plus vite de ce qu’elle nous offre : la beauté de la nature et des arts,
l’amour … (carpe diem) ? Bref, ces vanités, d’une grande richesse philosophique, sont de plus en plus d’actualité, aujourd’hui, où, dans notre Occident, les libertés individuelles s’expriment dans un ego à la recherche d’un plaisir sans bornes et sans vergogne, tandis que l’accélération des métamorphoses et le développement exponentiel de la science nous conduisent en zappant à une illusion de connaissance universelle et à un rêve de toute puissance, voire d’immortalité. Les artistes contemporains ne s’y trompent pas, qui s’en emparent encore et encore!

« VANITÉS SAVOUREUSES » 2015, 30 photographies et diaporama 8’, mflp Quoi de plus représentatif de notre époque que ces publicités dénichées dans les magazines ou sur écran qui chatouillent les désirs de plaisir, faisant appel à tous nos sens, nous incitant chaque jour à plus de richesse, plus de consommation, plus d’addiction, donc plus d’aveuglement et de masquage ? A travers une trentaine d’images puisées dans les magazines ou sur internet, j’ai voulu mettre en avant certains éléments qui marquent notre environnement quotidien (publicité, mode, santé, politique, art, société, histoire). En y incrustant des objets de vanité actuels ou volés dans le répertoire des tableaux du 17ème, j’ai voulu mélanger allègrement les siècles, puisque le sujet reste inchangé depuis que l’homme est « sapiens ». En jouant avec les quatre espaces, de la photographie, de la page de magazine, de l’image représentée, et enfin du cadre photoshop, j’ai voulu perdre le regardeur dans l’illusion de la représentation. Ces images facétieuses, composées et improvisées à la manière des « cadavres exquis » surréalistes, intitulées « vanités savoureuses », demandent en effet à être savourées tranquillement, avec un certain délice visuel … masquant ainsi par le biais de l’humour et de l’allégorie le thème principal des vanités : le triomphe de la mort.